accueil | nouveautés | email | plan du site | crédits

 


LES ALTERNATIVES A LA VIOLENCE: QUE PEUT FAIRE L'AUTEUR(E) ?


Une personne qui a eu recours pour la première fois à la violence envers sa compagne ou son compagnon traverse nécessairement une crise profonde; en particulier si ce(tte) dernier(ère) demande une aide extérieure pour que la situation change.

Lorsque la personne a recours depuis longtemps à la violence envers sa compagne, son compagnon et que celle(lui)-ci quitte le domicile conjugal, seul(e) ou avec ses enfants, sa vie entière s'en trouve bouleversée.

L'auteur(e) de violences peut alors éprouver de la rage, un sentiment d'injustice, la sensation que tout lui échappe ou de la culpabilité.

Il/elle peut aussi se sentir désarmé(e) et seul(e), avoir l'envie de retrouver le plus vite possible sa compagne/compagnon pour l'intimider, l'agresser ou simplement la/le convaincre de revenir très vite. Il/elle peut aussi avoir envie de retourner la violence contre lui/elle-même.

Dans ce type de situations, faire un travail sur soi peut être conçu comme une contrainte positive qui contribue non seulement à enrayer le cycle de la violence mais aussi à la prévenir.

Par des entretiens individuels, en groupe et/ou en couple, il est possible :

- de reconnaître les comportements violents pour y mettre fin.
- de découvrir des moyens concrets pour les maîtriser et de communiquer différemment.
- d'apprendre à connaître la colère et la haine et s'ouvrir à d'autres émotions.
- de briser l'isolement social et d'atténuer les sentiments de solitude.
- de recréer des relations égalitaires entre les femmes et les hommes.

Le processus de responsabilisation des violences agies est au coeur des interventions thérapeutiques en matière de violence conjugale. Explorant le problème de la culpabilité, l'intervention vise l'émergence de la capacité de l'auteur(e) à prendre la responsabilité de ses actes et de son destin, quel que soit le contexte existentiel dans lequel il se trouve aujourd'hui plongé.

Les agissements violents de l'auteur(e) ne peuvent pas se légitimer par le comportement ou l'attitude d'un autre; la personne qui use de la violence réagit à quelque chose qui s'éveille en elle à l'occasion d'un contexte relationnel précis.

Le recours à la violence permet au sujet d'éviter une confrontation pénible avec un ensemble d'émotions et de sensations qui l'habitent, et dont l'origine est à rechercher dans les différentes périodes de son histoire passée, ainsi que dans son contexte existentiel actuel.

L'auteur(e) met en place différentes stratégies de contrôle de la vie des personnes proches, grâce à la croyance que ce contrôle va éviter au sujet la souffrance qu'il redoute, et dont il situe la provenance chez les autres.

Le recours à la violence constitue également une ultime tentative de l'auteur(e) d'obtenir ce qu'il veut, et de communiquer (inconsciemment) à son entourage son désarroi intérieur.

Le contexte de l'attachement émotionnel, de la dépendance affective et de l'intimité spécifique qui caractérise la vie d'un couple, induit une connaissance "instinctive" des besoins et des failles des partenaires. Cette connaissance est à l'origine d'un enjeu crucial (évaluer la force de l'attachement) toujours à l'oeuvre dans l'interaction des partenaires.

Les agissements violents peuvent être motivés par l'utilisation abusive de cette connaissance intime de la part de son partenaire. Dans un tel contexte relationnel, la personne qui a recours à la violence demeure responsable des actes qu'elle commet; il lui revient de plus la responsabilité d'apprendre à se protéger de l'utilisation abusive de la connaissance des failles qu'a son partenaire de lui-même.