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LES VIOLENCES DOMESTIQUES
ET CONJUGALES

Qu'est-ce que la violence domestique et conjugale?



La violence domestique se passe à l'intérieur des relations privilégiées dans le couple ou la famille et peut survenir à chaque étape et à tout âge de la vie du couple/famille.
Elle comprend un ensemble d'actes, de paroles et/ou de comportements qui portent atteinte, de façon ponctuelle ou chronique, à l'intégrité physique, psychique et/ou sexuelle de l'un ou l'autre des partenaires et qui peuvent être accompagnés d'une intention de pouvoir et d'emprise chez la personne qui agresse et d'un sentiment de peur chez la personne agressée et le reste de la famille.

La violence est un abus de pouvoir et une force de destruction qui fait éclater les territoires et rend confuses les limites, ce qui se différencie de l'agressivité, qui peut être entendue comme une force de construction et d'individuation servant à définir son territoire.


La violence conjugale et domestique peut...


Pénaliser l'avenir des enfants
Eteindre le désir de vivre
Isoler l'auteur(e) de la violence et ceux qui la subissent
Nier la possibilité de se reconnaître mutuellement
Engendrer un climat de terreur chez les proches
Avoir un impact traumatique sur les personnes exposées à la violence à court, moyen et long terme

Et pourtant la violence peut aussi être une tentative désespérée de créer un attachement ou de maintenir une relation


Le cycle de la violence


L. Walker dans son livre "The battered woman syndrome" (2000) a décrit les différentes phases de violence conjugale. De manière générale, la violence s'installe progressivement. L'auteur(e) et la victime minimisent les premières manifestations de violence.
Il y a une insatisfaction dans le couple. Les violences psychologiques et verbales sont présentes dans ce couple (ce qui rend le terrain propice à l’agression). L’auteur(e) menace d’agresser (la menace est le signe qu’il/elle peut passer à l’acte! Il n’y a en général pas de telles menaces dans un couple où les conflits se règlent sans violence).
L'auteur(e) de violences n'exprime pas les tensions du quotidien et l'accumulation de ces tensions l'amène un jour à exploser et à agir la violence*.
L'accumulation de tensions n'est pas perceptible par l'entourage: elle provoque mauvaise humeur et soucis derrière lesquels se trouvent un sentiment de vulnérabilité provenant d'une conscience de soi particulièrement fragile. L'auteur(e) a vaguement conscience que quelque chose ne va pas, mais il ne trouve pas les mots pour définir ce sentiment. Il arrive qu'il se contente de faire porter la responsabilité de son malaise à quelqu'un d'autre (très souvent la victime, le travail...).

La violence éclate quand l'auteur(e) a la sensation que son identité est menacée. Il/elle traverse une phase d'altération, un état dissocié dans lequel son esprit semble se séparer de son corps. Seule l'intervention d'un tiers peut l'arrêter. L'accumulation de la tension débouche sur l’agression.

L’agresseur(se) regrette et cherche à se réconcilier avec la victime, qui, elle, veut croire que ça ne reproduira pas et qu'il(elle) va changer. C’est la phase de rémission ou lune de miel.

Comme les conflits n’ont pas été réglés et qu’il n’y a pas eu de conséquences à l’agression (intervention de la loi ou d'un autre tiers, travail sur soi de l'auteur(e)), le climat de mésentente se réinstalle, … le cycle recommence.

La violence s'installe progressivement, les premiers coups sont souvent considérés comme un accident, puis les actes de violence se répétent de plus en plus fréquemment et de manière de plus en plus intense.
La victime pense pouvoir aider son/sa partenaire, le comprendre; mais en voulant l'aider, elle se met dans une position haute, qui la met en danger: l'auteur(e) se sentant impuissant(e), n'arrivant à reprendre le contrôle de la situation que par la violence.

"Les 2 partenaires ne se définissent que par rapport à la relation de couple. La solution pour l'un et l'autre serait de sortir du "jeu" ou changer le jeu, et d'agir pour soi-même. (...) Mais ils confondent "quitter le jeu" et "quitter le couple". (...) Ils payent un prix fort pour rester ensemble. Ils ont en commun le sentiment de ne pas valoir grand-chose, et de n'exister que s'ils s'occupent l'un de l'autre. (...)ils restent quand même ensemble, faute de croire qu'une alternative soit possible."*

*Dutton, D.G. (1996) "De la violence dans le couple" cité dans Bourgoz D.(2002). Influence de différents paramètres sur la répétition de violence conjugale: Evaluation. Université de Genève. Non publié

*Extraits de M. Christen, C. Heim, M. Sylvestre, C.Vasselier-Novelli. 2004. Vivre sans violences? dans les couples, les institutions, les écoles. Toulouse, erès.