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Centre de formation "La Vire"


Qu’est-ce qu’une « vire » ? Généralement décrite comme un « rebord » ou une plateforme étroite qui interrompt une paroi abrupte, certaines vires se présentent comme un système permettant l’accès au sommet d’une montagne en en faisant le tour.

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Centre de formation "La Vire"


Qu’est-ce qu’une « vire » ? Généralement décrite comme un « rebord » ou une plateforme étroite qui interrompt une paroi abrupte, certaines vires se présentent comme un système permettant l’accès au sommet d’une montagne en en faisant le tour.

Vires construit depuis 2015 un dispositif de formation à partir de ce que nous enseigne la rencontre avec des sujets, mineurs et majeurs, présumés ou reconnus coupable d’actes d’agression; voire des sujets en proie à l’interprétation de signes avant-coureurs les avertissant de le devenir tôt ou tard.

La formation a sans nul doute ceci de singulier qu’elle explore ce que le langage courant nomme « thérapie sous contrainte », voire « prise en charge » des violences interpersonnelles, domestiques et conjugales. Soit les liaisons entre sanction judiciaire et « thérapeutiques » médico-psycho-sociale et éducative.

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Dispositif de formation destiné aux étudiants


Dispositif de formation destiné aux étudiants


cadre de la formation et partenariat

En accueillant depuis 2017 des étudiants issus de la Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation (Fapse) et de la Haute école de travail social (Hets), la « Vire met en présence des personnes au bénéfice d’une formation de base différente, et ceci dans le cadre d’un groupe. Autrement dit le stage des étudiants se déroule dans un contexte proche de ce que la plupart des professionnels sont appelés à vivre en institution. 

Pour les étudiant-e-s de la Fapse, Vires compte au nombre des « lieux » de stage habilités à les recevoir dans le cadre des nouvelles exigences formulées par la « Loi sur la psychologie (LPsy 2013) et la mise sur pied du programme « Europsy ». Le « stage formation » est de 160h.

Pour les étudiant-e-s de la Hets, la formation proposée s’inscrit dans le cadre d’un partenariat interinstitutionnel regroupant les lieux de stage, la Hets et l’association Vires. Ce partenariat offre ainsi l’opportunité aux étudiants qui le souhaitent de participer à la formation durant leur stage obligatoire en institution et ce, à hauteur de 80h. Il est souhaitable, pour des raisons liées à la cohésion du processus groupal de formation, que les étudiants de la Hets puissent s’organiser de telle manière à participer à l’ensemble de la formation.

La durée de chaque période de formation est de trois mois, soit de février à avril et de septembre à décembre, à raison de 10h par semaine (variables). Vires accueille donc annuellement deux groupes d’étudiants composés chacun de quatre personnes au maximum. Soit idéalement 2 étudiant-e-s de la Fapse et 2 étudiants-e-s de la Hets.

Les demandes d’inscription à la formation se font par l’intermédiaire des institutions partenaires, soit: l’Université de Genève et l’Institution en charge du stage professionnel des étudiant-e-s de la Hets.


Visées de la formation

 

La formation parcourt le champ de ce que la littérature désigne par « conception sanitaire de la pénologie ». Il y est question de sensibiliser les étudiants à ce qu’implique le mouvement de nos sociétés cherchant à « humaniser le traitement de ses criminels », soit un champ articulant les registres de la sanction pénale et de la thérapeutique.

Ce sujet sensible nous paraît d’autant plus important à investiguer qu’il concerne l’ensemble des catégories professionnelles soumises à l’obligation légale de subsumer, détecter, dépister, signaler, dénoncer les « violences intrafamiliales conjugales », dont les multiples manifestations ne sont pas toutes pénalement répréhensibles. C’est-à-dire d’œuvrer dans un champ évaluant contraignant qui se doit de traiter l’obligation qui le traverse, et d’anticiper les voies d’appel et de recours à la sanction ou/et au traitement. Soit le traitement primaire de la violence supposée ou avérée. 

L’occasion est ainsi offerte aux étudiants de s’apercevoir que toute intervention sociale dans la sphère familiale convoque toujours potentiellement, voire automatiquement, un réseau primaire d’interposition en charge du respect de la loi, de la sécurité des victimes, de l’intérêt de l’enfant et de la protection du lien social.

Autrement dit, que la prise en charge des « liens de parenté violentés » est soumise à l’impératif de la protection des enfants articulée au « traitement » des sujets victimes et auteur-e-s d’actes d’agression. Il n’y a donc pas de traitement des auteur-e-s qui ne s’inscrive dans le grand œuvre de civilisation attendu du Code civil et pénal. 

Conformément à sa visée, la formation examine en priorité les montages juridiques structurant l’ouverture du champ judiciaire à des pratiques d’interpositions socio-médicale et éducative dans laquelle les pratiques de Vires trouvent leur inscription.

Pour ce faire elle prend ses repères de l’œuvre des juristes genevois, soit d’une « Convention » passée entre la Cour de justice, le Tribunal pénal, le Ministère public et le Département de la sécurité et de l’économie. Autrement dit, d’un Texte qui structure les pratiques de prise en charge et de traitement de sujets présumés ou reconnus coupable d’actes d’agressions dans leur couple et/ou leur famille.

L’examen de ce texte trouve une pertinence toute particulière à l’heure de la mise en œuvre de la Convention du conseil de l’Europe qui encourage l’idée de « coopération interinstitutionnelle coordonnée ». L’expérience de Vires en la matière démontre qu’il revient au Politique d’asseoir les fondements juridiques de telles pratiques.

C’est sur fond d’une demande sociale de prévention des risques liés à la récidive et à la dangerosité, que la formation met en discussion les différents registres repliés dans la Convention. Soit :

- Un dispositif d’interposition structuré par les fonctions judiciaire, de contrôle social et de traitement spécialisé des sujets auteur-e-s, garant que justice soit rendue.
- Une « architecture procédurale » au ressort d’une « violence structurante » garante de la tenue d’un « processus subjectif » de reliaison à la loi. 
- Un instrument de travail destiné à prendre en charge et à traiter les contraintes, impasses et « angoisses » traversant les professionnels.
- Un espace de « travail de pensée partagé» « agent » du processus de responsabilisation des sujets auteur-e-s.
- Un espace de « sécurité sanctionnant » pour les sujets auteur-e-s, garantissant leur accès au pouvoir judiciaire par la voie d’une demande adressée.  

La sensibilisation des étudiants a ainsi pour enjeux de rendre visible le fait qu’en l’absence d’un certain « travail psychique partagé » appelé par un « métacadre » ou Convention, une violence invisible légale traverse l’ensemble des réseaux de prise en charge des « violences intrafamiliales conjugales ».


La sensibilisation destinée aux étudiant(e)s vise, in fine, à faire parler la violence. Ce qu’aucun discours sur la violence n’atteint jamais. Le dispositif de formation de la « Vire crée ainsi des espaces voués à ce que Freud a nommé le premier « travail de culture ».

Espace théorique

Le droit appelle la clinique de Vires par l’ouverture du champ judiciaire aux pratiques d’interpositions médico-sociales et éducatives. Or le droit parle peu de violence. Avec pour conséquence qu’aucun auteur(e) d’actes d’agressions ne s’est jamais vu condamné pour « violence domestique » ! Les juristes créent des définitions précises pour traiter et juger la diversité des actes et des situations qui portent atteinte au lien social. C’est pourquoi les étudiant(e)s sont introduits à une terminologie qui marque des écarts entre les termes du droit et le discours social.

L’inscription du texte de la Convention dans le grand œuvre de civilisation attendu du Code civil et pénal appelle pour sa part une réflexion approfondie sur le concept d’Interdit. Les étudiant(e)s sont ainsi introduits au champ qu’explore l’Anthropologie dogmatique. Soit au processus politique et social traitant la question « Pourquoi des lois ? » à l’occasion de laquelle sera discuté la fonction clinique du droit.

De proche en proche et toujours par les voies de l’Interdit, la formation intéresse les étudiant(e)s à la psychanalyse, discipline qui oriente la clinique de Vires. À l’instar du droit, la psychanalyse ne compte pas davantage la violence au nombre de ses « concepts fondamentaux ». Elle a recours, pour la penser et la faire parler, à un appareillage conceptuel complexe qui s’ombilique au ressort même de son champ, soit le savoir extrait de l’expérience du transfert et de l’inconscient. Une expérience qui intéresse différents contextes cliniques tels que ceux de la « cure », du groupe et de l’institution.

S’agissant de penser le registre « des liens de parenté violentés » et de leur « prise en charge », la formation s’enrichit des approches systémiques. 

L’espace réservé à la théorie entend favoriser une pensée qui rompt avec l’idée qu’il y aurait d’un côté le droit et l’espace social et de l’autre la psyché. Si nous devions considérer l’idée qui veut que « psyché et monde se rencontrent et naissent l’un avec l’autre et l’un par l’autre », ce serait alors « à l’articulation des espaces psychiques individuels et des espaces intersubjectifs et collectifs communs et partagés » que nous aurions à entendre les enjeux à l’œuvre dans la violence.

Espace de recherche

Sensibilisation aux différentes recherches menées par Vires.

Sensibilisation à la construction d’une « Étude action » menée dans le cadre et à l’occasion de la mise en œuvre de la « Convention d’Istanbul ».

Espaces cliniques

- Observation/participation au groupe de thérapie conduit par deux psychothérapeutes.
- Participation aux entretiens  socio-thérapeutiques et juridiques qui se déroulent dans le cadre des « Mesures d’éloignement administratif ».
- Participation aux supervisions réunissant l’équipe de Vires.

Espace institutionnel

Participation aux colloques hebdomadaires touchant à la clinique et au dispositif de délégation à la psychothérapie.

Espace atelier

 Participation à des Ateliers thématiques, incluant la présence de membres de la « Permanence juridique des étudiants » (Faculté de Droit) avec laquelle Vires coopère depuis 2015. Les « Ateliers de l’entre-deux » sont animés par des professionnel-le-s confirmés dans le traitement de sujets auteur-e-s d’actes d’agression.

Espace de rencontre avec le réseau

Des rencontre avec les responsables d’institutions en charge des violences domestiques et conjugales à Genève ponctuent le cours de la formation.

Espace référence

 Il s’agit d’accompagner bimensuellement les étudiant-e-s dans l’élaboration des travaux demandés par leurs institutions respectives. Il y est également question de s’enquérir du bon déroulement du stage.

 

Espaces DÉDIéS à la formation