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L'HISTORIQUE


Le Centre VIRES est un organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et dans la famille.

Créé en 1994 à Genève, VIRES a mis sur pied des programmes spécifiques (individuel et/ou en groupe) qui visent à stopper le recours aux différentes formes de violence dans le couple et dans la famille.

Le nom de VIRES est le pluriel de VIS, qui signifie, dans son sens premier, forces en action, en particulier, force exercée contre quelqu'un, d'où l'idée de violence.

Durant six ans, le financement de VIRES a été assuré par l'Organe genevois de répartition du produit de la Loterie de la Suisse romande à raison d'un montant de 30'000 francs par année. Sans ce soutien, VIRES n'aurait jamais pu se développer et poursuivre son action.

L'année 2001 a vu un changement radical dans le mode de financement de l'association, puisque, depuis le mois de décembre 2001, elle est au bénéfice d'une subvention attribuée par le Département de Justice, Police et de la Sécurité.

Une Convention de prestation passée entre le DJPS et l'association VIRES fixe le cadre de travail et les prestations que VIRES s'engage à fournir en contrepartie de son subventionnement.


Contextualisation
:

L'activité de VIRES s'inscrit dans le cadre des recommandations de la commission cantonale " Prévention et maîtrise de la violence conjugale" (juin 1997) et le "Projet genevois d'intervention intégrée contre la violence conjugale" (janvier 2004). Les pratiques de VIRES relèvent du « Projet genevois d'intervention intégrée contre la violence conjugale » (janvier 2004) et du « Dispositif de sanction et de soins » élaboré conjointement avec la Magistrature, le Service de Probation et d'Insertion et l'Institut Universitaire de Médecine Légale.

Le modèle d'intervention spécifiquement destiné aux auteur(e)s de violences développé par VIRES s'inspire des expériences menées aux USA, au Canada et en France.

Les références théoriques qui sous-tendent ce modèle proviennent d'horizons épistémologiques variés. Sont concernées prioritairement les approches systémiques, psycho-dynamiques, cognitivo-comportementales et féministes.


Eléments théoriques de base et changements de l'identité de Vires:

Depuis sa fondation, VIRES s'est défini de 3 manières différentes:
1. Organisme pour les hommes ayant recours à la violence dans leur couple et dans leur famille.

2. Organisme pour les personnes ayant recours à la violence dans leur couple et dans leur famille.

3. Organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et dans la famille.
Le passage de la première appellation à la seconde recouvre une évolution dans notre manière de penser et de traiter la problématique des violences conjugales. Cette évolution concerne:

- la différence que nous avons été amenés à faire entre violence conjugale et couples à transactions violentes. Dans la violence conjugale, les partenaires se siturent dans une relation complémentaire où seul l'homme est l'auteur des agressions physiques; les couples à transactions violentes se situent, quant à eux, dans une relation symétrique dans laquelle, très fréquemment, les 2 partenaires sont auteurs de violences. Ce qui pose le problème de la violence des femmes et de son traitement et justifie l'introduction de la notion de personne.

- la différence que nous avons été amenés à faire entre le couple et les partenaires qui le composent, différence qui introduit une hiérarchisation des éléments du contexte violent. Le couple et les partenaires ne se situent pas sur les mêmes niveaux logiques. Ce qui nous a conduit à introduire un travail spécifique et ponctuel avec les couples.

- la différence que nous avons été amenés à faire entre comportements interactifs violents et délits ou crimes d'autre part, différence qui signifie que les protagonistes ne sont pas à égalité. Il y a l'agresseur et la personne agressée. Du point de vue du code pénal, il n'y a qu'un responsable de l'acte violent. Si du point de vue de l'interaction, il y a bien 2 acteurs, ceux-ci ne sont pas à égalité dans l'interaction. Il y a donc une hiérarchisation des responsabilités.

Le passage de la deuxième appellation à la troisième représente un saut qualitatif quant à la manière même d'envisager les sources et les enjeux de la violence conjugale. En déplaçant l'accent mis sur les personnes, ce qui signifiait alors l'homme et la femme ainsi que le couple qu'ils forment, à la violence elle-même, nous voulions affirmer :
- qu'une violence trans-générationnelle est à l'œuvre au sein du couple et de la famille.
- que la violence est une tragédie à trois; l'agresseur, la victime et le tiers. Le tiers « peut appartenir à la famille nucléaire, à la famille élargie; il peut être plus ou moins proche du couple, ou faire partie des professionnels dont nous sommes ».
- qu'une circularité de l'information et des interactions se déroule entre ces trois pôles, sans pour autant lui attribuer des liens de causalité linéaire.
- la prise en compte dans la violence conjugale de violences légitimées par le processus civilisateur; violences politiques, économiques, religieuses et culturelles traversant et façonnant les systèmes familiaux.
- la prévention comme champ d'action de Vires en direction du grand public.